Guide des champignons, geek mycologique.

Il y a des lieux où l’on va souvent pour des raisons familiales. Peu à peu, installation, travaux, réunions de famille les rendent familiers et, à chaque proposition de balade ou d’évasion, on part plus loin dans le voisinage vers des lieux plus réputés.

Et puis arrive l’automne. Le soleil ou l’humidité rehaussent les couleurs. Les vignes, proches, invitent à la promenade et l’on redécouvre l’environnement immédiat qui jouxte la maison.

Mais dans cette partie du Blayais les vignes partagent les vallons avec des bois aux essences multiples. Les lisières sont légères. Nous avions pris un panier dans l’espoir de trouver quelques cèpes. Mais le froid étant arrivé bien avant que la sécheresse ne cesse, seuls quelques rares champignons, russules, agaric et amanites, survivent. Ces espèces rustiques qui marient comestibles et toxiques dans des cousinades dangereuses. Laure, curieuse, voulait savoir si, malgré tout, ne s’y cachaient pas quelques candidats à l’omelette.

Il fut un temps où je sortais toujours, en automne, avec un guide mycologique. Chaque année, dès septembre, les revues publient un numéro “spécial champignons“. Chaque éditeur revisite son édition précédente de guide des champignons changeant la mise en page et y associant quelques nouvelles recettes. Je craque et encombre un peu plus une étagère que les champignons se partagent avec les oiseaux et les plantes. Guide addict ? Mais il parait que je ne suis pas le seul atteint de collectionnite automnale. Cependant, cette année, je n’avais pas craqué.

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Lépiote déguenillée

C’était compter sans la curiosité de Laure. Hérédité ? Papa était pris en faute. Il n’avait, cette fois, pris aucun guide.

Geek, j’ai été sauvé par mon smartphone. J’avais déjà installé dans la rubrique “Savoirs”, ma nouvelle étagère virtuelle, des dictionnaires, des Bescherelles, une encyclopédie, un atlas, un herbier, un guide ornithologique — Boris Vian pourrait en faire une nouvelle “Complainte du Progrès” — mais il manquait un guide des champignons.
Sauvé ! La 4G couvre les vignobles du Bordelais ! ik-Champi est téléchargé. Quelques instant plus tard nous pouvions identifier les espèces rencontrés. La majorité était toxique.

Quand, enfin, nous tombions sur un agaric ou un lactaire comestible, la liste de ses cousins dangereux et des confusions possibles nous le faisait rejeter.

Mais qu’auriez-vous fait devant cette magnifique lépiote déguenillée ?

Une omelette ?