Jacquicourt, guerre de chapelle.

Chapelle de Jacquicourt

La chapelle de Jacquicourt

 C’est une bien étrange histoire qui nous a fait grimper 800 mètres de dénivelés, par de raides sentiers et pistes forestières, jusqu’aux Têtes, à l’aplomb de Verchaix,  et plus exactement jusqu’à la chapelle de Jacquicourt.

C’est dans l’excellent topoguide (50 randonnées en Vallée du Haut-Giffre de Patrice Gain) que nous avions lu cette extravagante histoire. Randonnée décidée vers un édifice que nous ne supposions pas si petit pour six longs siècles de guerre de chapelle.

L’histoire de cette chapelle commence en 1313, quand les trois communes des Gets, de Taninges et de Samoëns décidèrent de fixer les limites de leur territoire.  Au confins du plateau de Loex, les délimitations ne sont pas acceptées et une parcelle appelée ‘le Sax de Jacquier Curt” est convoitée par les trois parties.

Porte de la chapelle de Jacqucourt

Porte de la chapelle de Jacquicourt.

Commence alors un procès qui durera… 366 ans ! En 1679 le jugement est rendu et fixe les limites communales au milieu de la fameuse parcelle. La commune des Gets, pensant avoir obtenu gain de cause, décide d’ériger une chapelle sur la partie de la parcelle Jacquier Curt (devenue Jacquicourt) qui leur a été attribuée. En juin 1679, les travaux commencent, exécutés par un maçon de Samoëns. Dans la nuit du 14 au 15 août de la même année la chapelle, presque achevée, est démolie par des contestaires. On ne retrouvera jamais les coupables.

Le temps a passé, les querelles sont oubliées, mais l’histoire de la chapelle de Jaquicourt est bien vivante dans les mémoires. Dans les années 1960 les agents de l’ONF retrouvent les ruines. On fait dégager les fondations. Les maires de Gets, de Verchaix  et de Taninges proposent la reconstruction de la chapelle et les populations se mobilisent pour reconstruire ensemble l’édifice. De 1986 à 1989, sur les fondations de 1679 est élevée l’actuelle chapelle de Jacquicourt, mettant ainsi fin à six siècles de conflits.”

Je vous rassure l’intérêt de cette randonnée est la montée vers les chalets d’alpage des Têtes qui font face au massif du Mont-Blanc. Un paradis qui se mérite et a peut-être motivé toutes ces vicissitudes. 

Panorama du massif du Mont-Blanc

Panorama du massif du Mont-Blanc depuis les chalets d’Alpage des Têtes.